Logbook from the Highlands of Scotland

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Je me suis rendu dans les Highlands d'Écosse avec ma famille en l'an 2006. Nous sommes arrivés sur place le 16 juillet.

J'ai immédiatement été frappé du grand nombre de troncs d'arbres abattus qui jonchent le bord des chemins ou sont plantés dans le lit des rivières. Le pays en est littéralement marqué, balisé. Mais, au contraire des bornes habituelles, kilométriques de nos autoroutes et départementales ou stèles ogham des campagnes irlandaises, toutes dessinées sur le même modèle, chacun d'eux ici a son individualité. Chacun est sculpté d'une certaine manière, met à nu le relief de ses nervures, ou laisse éclater les couches de bois superficielles jusqu'à révéler l'aubier réduit en poussière. Certains peuvent être brûlés, d'autres ont l'air criblés de grenaille. Des pattes semblent — rarement — se détacher du fût. Aucun ne ressemble à aucun autre.

À tel point que l'on a parfois l'impression, non d'un alphabet (auquel cas on observerait des répétitions — fréquentes), mais d'une série de messages laissés par on ne sait qui, des différentes pages d'un livre tournées au hasard de la marche. Ou d'un groupe de personnes (d'animaux parfois) égarées loin les unes des autres, endormies le long des sentiers, fichées dans l'eau, noyées dans les lochs, dressées en une dernière prière devant quelle horreur.

Revenons à l'idée du livre. Il m'est revenu en mémoire qu'en anglais, pour une raison sans importance ici, le livre de bord d'un bateau se nomme « logbook », le livre du tronc. Quel vaisseau s'est échoué dans les Highlands, éparpillant son équipage et ses passagers sur les glens, au revers des munros, sur le bord des lochs ? Que cherche-t-il à nous transmettre  ? Quelle mémoire conserve-t-il ?

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