Foto Povera signifie « photographie pauvre », c’est-à-dire faite avec des appareils photo amateurs, jetables, vieilles boîtes Kodak, Polaroid, sténopés ou autres appareils de l’Europe de l’Est : Lomo, Holga, appareils numériques jouets ou cadeaux d’entreprises à leurs employés, téléphones portables, etc. d’une technologie rudimentaire (lentilles de mauvaise qualité, mécanique rustre).

Elle est tournée vers une création plus sensorielle, plus instinctive, une création basée sur le doute, l’incertitude du résultat, la subjectivité même d’un acte photographique refusant les critères habituels de la technique photographique professionnelle. Elle relève de la poésie, du flou, du tremblé, de la pixellisation forcée, etc., et bien sûr de la soumission à/de la recherche du hasard (parallaxe, shutter lag). Et il s’agit de traduire des impressions sans s’appesantir sur les formes habituellement reconnues que sont le cadrage, la belle lumière, le rendu optimum des nuances, la qualité des tirages et autres exigences éclairées.

A contrario d’une photographie « propre », la photographie « sale » (Foto Povera, Lomographie, etc.) va prendre une dimension artistique et intemporelle que ne saurait s’approprier une prise de vue plus réaliste. Ce n’est pas le n’importe quoi qui l’emporte, puisque les images ont droit elles aussi à une sélection de la part des auteurs. Il s'agit d’une esthétique à part entière.

d’après Photosapiens.com