JUILLET 1972, UN BLUE JEANS AMÉRICAIN

 

Le sommet du crâne nu rond lisse d'un homme immobile et chauve
Par dessus la banquette orange longue de la micheline de Mende
Une photo

Si j'avais mon appareil je la ferais
Je n'ai pas mon appareil
La gare de Mende le téléphone les employés de la S N C F qui en ont assez qui ne savent pas ce que je veux
Le téléphone auquel personne ne répond
Ne suis-je pas attendu?
Dormir à l'Hôtel du Gévaudan
Rêver à la Bête
Le matin téléphoner de la gare les mêmes employés personne ne répond
Je prends la route
Stop en marchant
Les lacets vers Saint-Énimie
Le ravin
Peur à m'en cimenter la mâchoire
Ils conduisent mal j'ai peur
Virages flous Le ravin
Un vendeur d'encyclopédies Quillet
Des je ne sais plus qui
Mon Dieu être sur le Causse
Méjan Mais j'ai eu trop peur pour en sortir
Et c'est maintenant la ligne droite et la vitesse
On me laisse quelque part parce qu'on tourne sur la gauche
Je marche Le soleil Un carrefour
A droite la route monte à gauche elle se perd
Je reste j'hésite pensant au diable à cause de la chaleur et du choix
Je vais en face, je reviens, à gauche, immobile, je reviens
Le soleil me chasse je prends à droite à cause de calculs et de souvenirs d'indications, faux certainement
Et parce que j'aime la courbe au flanc de l'escarpement
Ce sera la bonne

Nous transportons des moellons pour le compte d'un qui construit sa maison
Nous enterrons un inconnu dans la rigueur d'un cérémonial protestant
Le noir de la mort et le blanc du soleil
Aveuglants

Frédéric est tombé du toit de la maison qu'il construisait
Je ne le connaissais pas
Il chantait avec son ami Philippe des chansons de C Jérôme pour rigoler

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